L’eau, une ressource précieuse mais oubliée

Ingi Amr Samedi 04 Avril 2020-22:30:10 Environnement
L’eau, une ressource précieuse mais oubliée
L’eau, une ressource précieuse mais oubliée

Le rapport publié le 22 mars par l’ONU  montre que l’eau est largement oubliée des politiques climatiques nationales. Les changements climatiques affecteront la disponibilité, la qualité et la quantité d’eau nécessaires aux besoins (…),  avertit le nouveau Rapport mondial de l’ONU sur la mise en valeur des ressources en eau,. 

Une telle détérioration de la situation risque d’entraver l’Objectif numéro six du Programme de développement durable de l’ONU à l’horizon 2030, qui vise à garantir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous d’ici dix ans. Alors que d’ores et déjà 2,2 milliards de personnes ne disposent pas d’un accès à l’eau potable et que 4,2 milliards - soit plus de la moitié de la population mondiale - sont privées de systèmes d’assainissement sûrs, le défi est considérable. 

La consommation d’eau, qui augmente d’environ 1% par an, a été multipliée par six depuis un siècle. Les changements climatiques, et l’augmentation des événements extrêmes qu’ils provoquent – tempêtes, inondations, sécheresses –, aggraveront la situation des pays en situation de « stress hydrique ». Ils détérioreront aussi celle des régions actuellement bien pourvues en ressources en eau. Le rapport souligne également qu’une mauvaise gestion de l’eau tend à exacerber l’impact des changements climatiques sur la société dans son ensemble. 

Pour la Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay, « on aurait tort de ne voir la question de l’eau que sous l’angle d’un problème ou d’une insuffisance. Une meilleure gestion de l’eau peut appuyer les efforts visant à atténuer et à s’adapter aux effets des changements climatiques ».

Face aux menaces, le rapport met en avant les deux stratégies complémentaires à mettre en œuvre, l’adaptation et l’atténuation : 

  • L'adaptation englobe une combinaison d'options naturelles, techniques et technologiques, ainsi que des mesures sociales et institutionnelles pour atténuer les dommages et exploiter les quelques conséquences positives des changements climatiques. Elle est susceptible d’avoir des retombées favorables très rapides, principalement au niveau local. 
  • L'atténuation comprend les interventions humaines nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) tout en exploitant les puits de carbone afin de diminuer la quantité de CO2 et autres GES présente dans l’atmosphère. Elle concernera de vastes zones géographiques mais avec des effets dont la montée en puissance pourra s’étaler sur des décennies. Or, les possibilités d'atténuation en matière de gestion de l’eau restent notoirement méconnues.

en relation